• Burn-out: État d’épuisement physique, émotionnel et intellectuel qui résulte du stress ressenti par un individu placé dans une situation où il devient incapable de répondre aux exigences de sa profession…

Pas tentant, n’est-ce pas?

Ce syndrome se manifeste de différentes façons, curieusement semblables pour chacun. Il atteint des gens divers, mais selon des patterns très établis. En effet, on peut sombrer dans l’épuisement professionnel:

    • parce qu’on a la responsabilité de plusieurs personnes;
    • parce qu’on se soucie profondément des gens dont on a la « charge », comme si leur sort dépendait essentiellement de nous;
    • parce que les objectifs dont on nous a confié la réalisation sont inatteignables, du moins avec les moyens mis à notre disposition;
    • parce que notre estime de soi passe principalement par la réalisation professionnelle;
    • parce que nous sommes perfectionnistes à l’extrême;
    • parce que les consignes et les messages qui nous guident sont ambigus et peuvent nous sembler injustes;
    • parce que nos rapports avec nos supérieurs ou la définition de nos tâches nous placent dans une situation conflictuelle.

La bonne nouvelle, c’est que ça nous permet de voir si nous sommes des candidats potentiels ou idéaux et, le cas échéant, de travailler tout de suite à éviter le burn-out.

Voici un test et un jeu pour y voir plus clair.

Test. J’examine mon profil énergétique

Mon amie Gisèle a vécu deux épisodes d’épuisement professionnel. Un petit, suivi d’un gros, comme elle le dit. Heureusement – deux ans plus tard et au prix d’énormes efforts—, sans en sortir complètement lessivée. Ça n’est pas toujours le cas. Son éclairage m’a été d’un réel secours pour situer les causes du burn-out et saisir les signes qui lui auraient permis de l’éviter.

Cochez ici les états qui sont les vôtres au travail.

    1. Perte graduelle de satisfaction au travail
    2. Apparition de problèmes de santé
    3. Augmentation de l’irritabilité
    4. Réactions étranges, inadéquates
    5. Isolement accru
    6. Rendement décroissant
    7. Mais… habitude de tout faire parfaitement
    8. Rapports difficiles avec la direction
    9. Apathie – engourdissement, indifférence, langueur – devant les appels ou les exigences de l’extérieur
    10. Difficulté ou incapacité à se mobiliser

Votre résultat sur 10 :

Cochez ici les symptômes qui sont les vôtres dans votre vie privée.

    1. Sensation d’être dépassé par le nombre de choses à faire – incluant des choses agréables
    2. Baisse des contacts avec les amis
    3. Irritabilité, impatience avec les proches
    4. Absence d’activité physique
    5. Ou… activités physiques perçues comme un travail, où il faut gagner
    6. Augmentation de la consommation d’alcool, de drogues ou de nourriture
    7. Difficulté à dormir ou à se réveiller
    8. Propension à tout nettoyer, à effacer les traces de tiers
    9. Tendance à repousser les choses agréables à faire ou la réalisation de ses rêves
    10. Plaisirs et satisfactions de plus en plus éphémères

Votre résultat sur 10 :

Vos résultats

Je ne veux pas vous faire peur, mais, si vous avez coché un seul de ces éléments, vous êtes déjà à risque de glisser un jour vers l’épuisement professionnel.

Si votre résultat est de 3 sur 10, il est temps d’agir : votre situation est fragile. Plus vous repousserez le temps d’intervenir, plus la pente sera difficile à gravir, puisque vos ressources personnelles s’amenuiseront – et elles vont décroître, croyez-moi –, et plus vous aurez perdu du temps, votre temps – et la vie est courte, si courte!

Si votre résultat est de 4 ou plus, vous n’avez pas le choix. Vous y voyez tout de suite ou on parlera bientôt de vous au boulot au passé. Le principal handicap des gens propices au burn-out est en même temps l’une de leurs principales qualités, caractéristique sur laquelle tout le monde se repose : ils sont tenaces et ne lâchent pas prise! Ne laissez pas cette qualité se retourner contre vous ! Agissez !

Des pierres tombales sans nom
Agissez avant qu’on ne parle de vous au passé au boulot!

Où est le risque? Si ce n’est de vivre une vie heureuse, épanouie? En contrôle de votre destinée? Ça vous dit? Vous le voyez? Le sentez? Alors, continuons!

Jeu. C’est quoi le problème?

Il y a toutes sortes de problèmes. Des petits, des grands. Des joyeux à résoudre. Ceux qui semblent sans solution. Et, à la source, il y a toujours moi. C’est mon problème! Et j’en suis !

À la source, il y a moi

C’est ma vie. C’est mon problème. Et j’en fais partie que ça me plaise ou non. Je suis aussi le seul, la seule, à pouvoir sortir de cette boîte, de cet enfermement. Ça ne peut pas se faire sans moi. Ce qui ne veut pas dire que je suis seul ou que je ne peux pas demander de l’aide. Mais je suis responsable de mon problème et responsable de sa résolution.

Responsable? M’enfin! C’est pas ma faute, c’est mon patron, c’est mon travail, c’est mon entourage qui ne me comprend pas, c’est la vie qui m’essouffle, ce sont les factures qui entrent plus vite que je ne peux les régler ! Qu’y a-t-il de commun dans ces affirmations? Ma, mon, m’, je. Moi. Toujours moi.

Alors, dans le jeu suivant, acceptez d’abord que vous êtes partie intégrante de votre problème. La bonne nouvelle? Vous êtes aussi celui, celle, qui peut l’identifier, lui faire face, trouver des solutions.

Pour cela, il vous faut regarder le dragon les yeux dans les yeux. Il est gros, il est laid, menaçant et fumant, mais ce n’est qu’un dragon. Il n’existe que dans les contes pour enfants et… dans votre imaginaire. Attention, dragon, j’arrive!

Affronter le dragon

Il faut regarder le dragon dans les yeux
Il faut regarder le dragon dans les yeux et affronter le problème dont on fait partie.

Comme le dit mon amie Viviane, il faut affronter le problème dès qu’il se présente. Affronter fait du bien. Si on le repousse, on l’a en tête, on vit mal, on angoisse et on se stresse. Autrement dit, le problème nous pourrit la vie.

  1. Mais, pour cela, il faut le nommer. Objectiver le problème, lui donner une forme. Donnez d’abord un nom à votre problème.
  2. De quoi votre problème a-t-il l’air ? Couleur, densité, chaud ou froid. Dessinez-le.
  3. Est-ce un problème qui m’est tombé dessus ? Que je me suis créé ? Quel est ma part dans ce problème ?
  4. De quoi, de qui ai-je peur ? Peur de perdre mon emploi, mes amis, peur du conflit, de ne pas être à la hauteur, de mal faire, de me tromper, peur de la solitude ? Nommez toutes les peurs que soulève votre problème.
  5. Qu’est-ce qui se cache derrière chacune de ces peurs ? Inscrivez les émotions, les sentiments que cela déclenche en vous.
  6. Pour chacune de ces émotions, inscrivez votre réaction habituelle : je fuis, j’esquive, je contourne, je fais semblant que ça n’est pas grave, j’agresse verbalement, physiquement, etc.

Vous avez maintenant bien identifié votre dragon.

Vous savez maintenant que vous faites partie de l’histoire du dragon, puisque ce dragon est une projection de vos peurs.

Et que la peur mène vos réactions.

 

Une histoire pour finir

Un homme recouvert d'un épais manteau marche dans le noir
Toute personne rencontrée dans le noir mobilise notre attention. Nous avons peur.

Luc-Antoine m’a raconté un jour cette histoire qui m’a fait réfléchir.

Deux personnes se croisent dans la nuit. Deux personnes comme vous et moi, sans malice ni intentions négatives. Il fait très noir. La présence de l’une inquiète l’autre et vice versa. Leurs repères – voir les gens les yeux dans les yeux, bien identifier leur mouvement, leur attitude, leur parcours – ne sont pas là. Ils sentent qu’ils ne contrôlent pas la situation. Ils ont peur.

Qu’est-ce que cette histoire que nous avons vécue mille fois nous indique ? Que, si le déclencheur du problème est externe, la cause, elle, est interne.

Dans ce cas précis, il n’y a aucune réelle menace. La cause de notre malaise est en nous, dans notre perception, dans les moyens schématiques d’appréhender la réalité que nous avons.

N’est-ce pas souvent le cas dans différentes zones de notre vie ?

Reprenez le dessin que vous avez fait et amusez-vous à le réduire, à le regarder de loin, à changer la température qui s’en dégage, à le mettre dans un cadre. Jouez avec lui ! C’est possible maintenant.

Si cela vous fait penser à quelqu’un, n’hésitez pas à lui faire suivre cet article!

À très bientôt,

 

Isabelle

 

Cet extrait est tiré de Se jouer du burn-out, Sgräff, signée par l’auteure de ce blogue. Une troisième édition de cet ouvrage sera publiée prochainement sous forme de coffret aux Éditions Eldorado.

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