Il faut croire que nous, les humains, aimons inventer des problèmes quand il n’y en a pas. Le phénomène des segmentations sociales par strates d’âge n’a fait que s’amplifier et se complexifier. Tout ça a commencé avec le baby-boom.

Heu… mon âge?

Spirale de centaines de visages de tout âge
Se percevoir, sous quel angle, à quelles fins? Et les autres? Comment me perçoivent-ils?

 

Le baby-boom de l’après-Deuxième Guerre mondiale, celui dont découlent les baby-boomers, jumelé à une montée du marketing de masse et de la consommation a, depuis lors, servi de tremplin à un découpage en fines rondelles d’âge.

Les conséquences comico-tragiques de ce découpage, sur nous-mêmes, sur les autres, me poussent à intervenir au nom du bon sens et du vivre ensemble.

Cinquante ans plus tard, ça tombe sous le sens qu’avoir été adolescent-e entre 1967 et 1972, offrait un environnement de développement personnel extrêmement différent de l’adolescent-e qui évolue actuellement.

La belle affaire. Ouvrons les yeux!

Tout en reconnaissant l’influence de l’époque sur chacun de nous —facilitante ou non par tel ou tel aspect—, n’étiez-vous pas et n’êtes-vous pas encore unique dans votre genre? Étiez-vous tous identiques à l’école, en sport, en musique, en math, dans vos talents, dans vos rêves, dans votre esprit d’entreprise? Certainement pas! Rassurez-moi, je vous en prie.

Votre frère, votre sœur, vos cousins de plus ou moins dix ans avec vous n’ont-ils pas vécu leur adolescence dans un autre contexte social? Est-ce difficile de vous entendre avec eux pour autant?

À l’heure actuelle, on présente tout en clivage quand ce n’est pas carrément en opposition, voire en hostilité. N’en avez-vous pas assez? Je vous incite à une douce révolte et surtout à changer votre regard sur vous-mêmes et sur les autres.

 

L’âge et les héritages culturels

 

La première fois que j’ai réalisé, comme jeune adulte, que toutes les cultures et leurs populations ne vivaient pas l’âge —enfant, adolescent, adulte, aîné— de la même façon, c’est en voyageant sac à dos sur l’épaule en Amérique latine.

J’y ai découvert des musiques et des fêtes sur lesquelles les jeunes et les vieux dansaient ensemble à l’intérieur comme sur la place publique. Ici, nos salles de danse réunissaient soient des adolescents (sans alcool sur place), des jeunes adultes, ou des adultes matures dans des endroits distincts aux musiques et ambiances sélectives, à l’abri des regards des uns et des autres. On voyait aussi des couples amoureux d’âges différents s’afficher ouvertement sans qu’un sourcil réprobateur se soulève. Ou tout simplement des familles vivre, travailler et s’amuser ensemble.

À cette même époque, j’ai étudié en Provence. Là-bas, la jeune Québécoise que j’étais s’est étonnée qu’on pousse les jeunes enfants à se comporter comme des adultes dès leurs premières années, que les adultes aient du mal à trouver un nouvel emploi après l’âge de 40 ans —15-20 ans après la fin de leurs études et moins de la moitié de leur espérance de vie!— , ou que la formation continue soit inexistante une fois leurs études complétées.

Quand je suis revenue, mon regard exercé est resté très sensible aux questions d’âge.

Pensez-y. Revisitez vos voyages sous cet angle, celui du multi-âge naturel, en replongeant dans différentes époques.

 

L’âge au travail

Des musiciens et des danseurs de tout âge dansent au soleil couchant.
«Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour», chantait Leonard Cohen.

 

Au travail, comme dans la vie, avez-vous déjà goûté au bonheur d’être réunis en milieu «naturel» multiâge ?

J’ai eu la chance, dès mes premiers emplois d’y plonger. De pouvoir apprendre les mille aspects du métier d’éditeur de plus expérimentés que moi, de rapidement accueillir moi-même des stagiaires, de pouvoir influencer le développement de nouveaux projets d’un œil neuf, dans la confiance et la bienveillance des anciens.

Devenue entrepreneure, j’ai donc répété ces «montages» multigénérationnels, m’entourant d’hommes et femmes de tout âge. Un régal. Et surtout un assemblage gagnant, humainement et professionnellement!

C’est donc avec beaucoup de tristesse que je lisais récemment, les articles de Jean-François Venne dans la revue Gestion ou ceux de Jean-Benoit Nadeau dans Avenues.ca, des reportages qui soulignent les problèmes d’accueil des plus jeunes tels qu’ils sont, évidemment peu expérimentés, ou d’embauche chez les plus vieux qui peinent à prolonger leur temps de travailleur et encore plus à changer d’emploi.

Et ensuite on dit que nous manquons de main-d’œuvre! Cherchez l’erreur. Étiez-vous si expérimenté dès la sortie de l’école ou de l’université? Étiez-vous si allergique aux plus vieux que vous lorsque vous étiez jeune?

Aurions-nous perdu tout bon sens?

Commençons par nous regarder nous-mêmes. Les biais inconscients, ici comme ailleurs, nous mènent parfois par… le bout du nez.

 

Comment vous percevez-vous?

Au bénéfice de tous, merci aux plus courageux de partager vos commentaires.

Pour vous, qu’est-ce que ça veut dire avoir votre âge?

  • Avez-vous l’âge qu’indique votre certificat de naissance?
  • Avez-vous l’âge de vos artères?
  • Avez-vous l’âge de votre cœur?
  • Avez-vous l’âge d’être sérieux?
  • Avez-vous l’âge de ne plus l’être?
  1. VOTRE (ou vos) RÉPONSE(s) SINCÈRE(s) :……………………………………………………

Quand vous vous regardez dans la glace, quand vous choisissez vos vêtements du jour, quand vous travaillez ou quand vous faites du sport, avez-vous toujours le même âge?

  1. VOTRE (ou vos) RÉPONSE(s) SINCÈRE(s) : ……………………………………………………

Quand les autres vous regardent, quel âge vous donnent-ils? Comment le savez-vous?

  1. VOTRE (ou vos) RÉPONSE(s) SINCÈRE(s) : ……………………………………………………

 

Comment percevez-vous les autres?

Trois générations d'hommes partagent des moments de loisir
Et vous, quel âge avez-vous? Quels âges avez-vous?

 

  • J’ai rencontré des jeunes adultes bien «partis» dans la vie, qui n’ont plus rien appris une fois leur diplôme en poche.
  • J’ai rencontré des hommes et des femmes qui «tombaient» en amour à 16 ans, 35, ans, 51 ans, à 72 ans.
  • J’ai rencontré des adolescents qui avaient des projets plein la tête.
  • J’ai rencontré des gens qui, à un âge très avancé, travaillaient et travaillent encore.
  • J’ai rencontré des personnes chroniquement malades, qui rayonnaient de jeunesse.

Et vous, globalement, comment percevez-vous les plus jeunes que vous?

  1. VOTRE (ou vos) RÉPONSE(s) SINCÈRE(s) : ……………………………………………………

Et comment percevez-vous les plus âgés que vous?

  1. VOTRE (ou vos) RÉPONSE(s) SINCÈRE(s) : ……………………………………………………

Avez-vous trouvé plusieurs réponses à la même question, selon les contextes?

Vous êtes-vous découvert des biais inconscients à corriger?

 

Grâce à l’effet covid et au réchauffement planétaire, vous achetez maintenant davantage localement les produits fabriqués au pays. Grâce à vous la planète se porte mieux et les affaires aussi. Ce qui est d’un grand bon sens.

Je vous invite à faire de même dans vos embauches. Maximisons l’usage des talents d’ici. Développons-les. Marions les générations et leurs savoirs.

Vous êtes parmi les plus jeunes, les plus vieux? Relevez la tête, fiers de vous, ne cachez pas vos talents ou vos ambitions. Nous avons besoin de vous.

Je vous laisse sur cette réflexion de Jocelyne Robert.

 

Cet article vous a fait penser à quelqu’un? N’hésitez pas à lui faire suivre.

À tout bientôt,

 

Isabelle

 

Vous aimerez peut-être lire : À quelles tribus appartenez-vous?

 

 

 

 

Et vous, quels âges avez-vous?
Étiqueté avec :                                        

6 thoughts on “Et vous, quels âges avez-vous?

  • 2021-05-31 à 08:08
    Permalien

    Hello Isabelle,

    Et bien, comme tu te doutes, je suis conquise par ton article ! Très sympa cette idée de poser des questions personnelles. Jolie prise de position pour combattre l’âgisme ambiant.
    Le mutligénérationnel, mais surtout l’intergénérationnel est une des pistes pour construire demain ;-)Merci pour cet article.

    Répondre
    • 2021-05-31 à 08:22
      Permalien

      Merci, Coralie, pour ton commentaire. Je teste la formule je-donne-mon-avis-quel-est-le-vôtre. Oui, combattons de tous nos neurones les segmentations inutiles, ces faux-combats qui nous appauvrissent.

      Répondre
  • 2021-05-31 à 08:33
    Permalien

    pas facile d’évaluer son âge, car c’est une question de perception. Je me rappelle lorsque j’étais jeune ce qu’une personne de 60ans avait l’air et aujourd’hui c’est bien différent. D’ailleurs si je demande à une amie qui a 60ans si elle a un look jeune, elle me dira oui car elle se compare au 60ans de l’époque. Si vous êtes curieux et voulez vraiment savoir votre âge , faite le test de votre épigénétique, c’est le meilleur outil aujourd’hui pour savoir son âge physique.

    Répondre
    • 2021-05-31 à 08:42
      Permalien

      Merci, Isabelle pour ton commentaire. Tu as raison pour l’épigénétique, mais elle se limite à l’âge physique. Nous pouvons avoir officiellement v-âge , w-âge physiquement, x-âge en maturité, y-âge en courage, z-âge en vitalité, etc. Cette façon de se voir soi-même et de voir les autres, permet de relativiser l’âge d’un «jeune» cadre ou d’une «vieille» employée. Ce qui est le but de cet article. Le sens-tu comme ça aussi?

      Répondre
  • 2021-05-31 à 13:51
    Permalien

    Isabelle je te tire mon chapeau pour cet article criant de vérité … l’âge n’a aucune importance et le nouveau paradigme est de vivre sa vie … un point c’est tout ! Bon cela n’a pas toujours été le cas car on nous avait bien rempli la tête de certitudes et de bienséances, mais ça c’était avant 😉

    Pour ma part dans le monde du travail j’ai toujours essayé de valorisé les compétences plutôt que l’âge et recherche une diversité générationnelle pour donner une dynamique particulière à mes équipes. Ensuite dans ma vie personnelle c’est la beauté de l’âme de mes amis qui fait a différence 🙂

    Répondre
  • 2021-05-31 à 14:23
    Permalien

    Ton enthousiasme fait plaisir à lire, Éric. Merci pour tes gentils mots. Et valorisons le multiâge, si naturel!

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.