À travers l’écotourisme, nous vous invitons à mieux connaître et apprécier les forêts canadiennes, et en particulier la forêt laurentienne, au Québec, ressources a priori naturelles, mais aussi, on l’oublie parfois, fortement culturelles.

La forêt laurentienne : un joyau d’écotourisme

Un marcheur, concentré, marche en forêt l'été.
Marcher en forêt, c’est retrouver un rythme naturel, lent, être attentif à ce qui nous entoure, ce que l’on traverse.

 

Ce n’est un secret pour personne, je suis une papivore, une lectrice assidue et une amoureuse du papier. Cette noble matière recyclable vient d’une ressource naturelle, renouvelable : la forêt. Nous avons beaucoup de chance au Canada : notre forêt recouvre 45% du territoire. Ces textes nous rappellent que la forêt a besoin de nous et que nous avons besoin d’elle.

Il était une fois la forêt, ce fut d’abord un beau livre que j’ai écrit pour célébrer les arbres et l’incroyable richesse qu’ils représentent pour les humains et la biodiversité. Pour ce faire, j’ai interviewé 12 conteurs, chacun expert dans son domaine. Laissez-les vous parler de la forêt avec amour et respect, comme si vous aviez la chance de les écouter autour du feu…

Aujourd’hui, écoutons la professeure en tourisme écoresponsable Julianna Priskin nous parler de tourisme en forêt…

 

Mi-australienne, mi-européenne, je viens de vivre sept années au Canada, au cours desquelles j’ai beaucoup travaillé en qualité d’experte auprès de Parcs Canada. Je suis aussi une adepte du plein air, et je peux affirmer que les plus belles expériences de nature que j’ai vécues se sont produites en forêt.

 

Dans le cadre de mon travail et de mes loisirs, j’ai appris à mieux connaître et apprécier les forêts canadiennes, et en particulier la forêt laurentienne, au Québec –ressources a priori naturelles, mais aussi, on l’oublie parfois, fortement culturelles. Si on regarde l’offre touristique au Québec et dans le reste du Canada, on constate que la forêt figure en tête de liste des options naturelles. C’est que tout le pays est recouvert de forêts! Les zones construites et habitées se trouvent toutes à proximité plus ou moins immédiate d’un milieu boisé, et c’est ce qui fait de la forêt une ressource non seulement naturelle, mais aussi économique et culturelle de première importance.

 

Et que dire de sa magnificence! Sous l’angle du paysage, la forêt est une véritable féerie qui ne cesse de se renouveler et qui permet aux gens de vivre une expérience extraordinaire au gré des saisons —tout particulièrement à l’automne. Nous avons, pendant des années, mesuré l’expérience du visiteur dans le Parc national de la Mauricie. Et c’est lorsque Parcs Canada a décidé de rehausser et d’enrichir cette expérience que j’ai eu l’occasion pour la première fois de me rendre dans une forêt laurentienne à l’automne. C’était pile la période où les feuilles sont… indescriptibles. J’ai alors vécu une expérience si colorée, si inspirante et si merveilleuse que je ne l’oublierai jamais !

 

Vue d’ailleurs

Un pêcheur, seul dans sa barque à l'aurore, un moment de grand calme et d'attention.
Pêcher à l’aurore, faire partie de la nature qui s’éveille : ressourcement garanti!

 

En tant que spécialiste de l’écotourisme, je m’intéresse beaucoup à tout ce qui touche l’environnement, les aires protégées et le développement durable du territoire. Maintenant que je ne vis plus au Canada, quand je pense au pays, la première chose qui me vient à l’esprit, c’est la forêt. Je revois spontanément en pensée le bois, les animaux, les lacs et les cabanes rustiques plantées ici et là. Autant de détails auxquels on ne prête pas toujours attention lorsqu’ils sont à portée de soi.

 

Depuis mon retour en Europe, mon travail s’inscrit dans un cadre complètement différent. Ici, c’est joli…, mais il reste qu’au Canada, il y a encore de vastes pans de territoire peuplés de forêts naturelles et, dans la plupart des cas, pas ou peu touchés par l’action humaine. Il y a là une richesse qu’on n’apprécie pas toujours à sa juste valeur, du fait qu’on a tendance à la tenir pour acquise. Car lorsqu’on y vit, voire lorsqu’on travaille dans l’industrie du tourisme, on oublie facilement à quel point les espaces incommensurables qu’on trouve au Canada constituent une ressource d’une grande richesse, au potentiel gigantesque.

 

J’ai fait le tour du monde. J’ai visité beaucoup de pays, beaucoup de régions. Et je suis d’avis qu’au Canada, les espaces écotouristiques sont très bien entretenus. En plusieurs endroits, la forêt est même encore vierge, ce qui est exceptionnel.

 

En Afrique ou en Amérique du Sud, les forêts sont aussi très belles, mais elles sont davantage perturbées par l’action humaine. En Europe, je marche en forêt tous les week-ends, mais je ne peux jamais y vivre une expérience de réel silence, alors qu’au Québec ou ailleurs au Canada, on peut encore s’asseoir n’importe où dans la forêt ou au bord d’un lac, et ne plus entendre que la nature. Il y a là une valeur qu’on ne peut pas chiffrer. Et c’est de plus en plus rare sur la planète!

 

L’offre écotouristique

 

L’écotourisme représente une part substantielle de l’économie touristique. On ne compte plus, à vrai dire, les entreprises qui offrent un service touristique de plein air, le plus souvent en lien avec la forêt –kayak, canot, randonnée, camping…

 

Incidemment, on pourrait penser que la chasse et la pêche sont des activités très locales. Néanmoins, en analysant les différentes offres écotouristiques du Québec, j’ai été à même de constater que de plus en plus de gens pratiquent ces activités dans des pourvoiries. Le marché semble d’ailleurs également réparti entre les Européens –qui s’intéressent davantage à l’expérience d’une cabane en forêt, d’un peu de chasse et d’excursions de groupe– et les Américains, de longue date fervents de chasse et pêche. On se souvient naturellement que nombre de riches Américains ont par le passé établi des clubs à cette fin dans le nord-est du Canada et des États-Unis…

 

L’écotourisme recèle un énorme potentiel, qu’il s’agisse de chasse et de pêche, ou simplement d’offrir aux étrangers de venir au Canada en toute saison pour y vivre une expérience en forêt. Qu’il soit Chilien, Mexicain ou Suisse, le voyageur recherche ce genre d’expérience en contact avec la nature sauvage, de vastes étendues de territoire et des paysages à couper le souffle.

 

L’hiver, de nouvelles tendances se… redessinent: la raquette et le ski de fond. La raquette, notamment, gagne en popularité presque partout, que ce soit aux États-Unis, au Canada ou en Europe, en partie du fait qu’elle n’a pas d’impact sur l’environnement naturel. Mais aussi parce que c’est bon pour la santé!

 

Du sirop à l’arbre

Julianna Priskin, rayonnante, en forêt, l'hiver.
Marcher en forêt l’hiver, en raquettes, là où aucune trace humaine n’est visible, quelle satisfaction, quelle joie!

 

Cet engouement pour les activités de plein air peut en outre profiter aux gens qui vivent de la forêt. On peut ainsi emmener les gens voir les animaux dans leur habitat naturel, ou, au printemps, lorsque la neige fond, leur faire vivre l’expérience de la cabane à sucre. Le sirop d’érable est une ressource locale unique au monde qui compte des amateurs jusqu’au Japon !

 

Il va sans dire qu’en plein été, les activités abondent dans la forêt. L’automne, quant à lui, fait place à la magie des couleurs. Il en résulte une offre cyclique de produits typés qui permet aux voyageurs de vivre diverses expériences écologiques et de se sentir plus près de la nature.

 

En ce qui concerne la protection des aires naturelles, on a répercuté cette année dans les bulletins de nouvelles européens que le Canada allait augmenter la superficie du territoire protégé afin d’accentuer la conservation de ses espaces, dont la forêt boréale. Il s’agit là d’une excellente nouvelle qu’il faut faire connaître davantage. La forêt offre un potentiel touristique de taille qu’il faut à tout prix protéger pour s’assurer qu’elle sera toujours là, pour les générations à venir. Et le Canada offre une fenêtre exceptionnelle sur la forêt.

 

Cet article vous fait penser à quelqu’un? N’hésitez pas à lui faire suivre.

Dans le 9e épisode, nous explorerons le bois et ses merveilleuses propriétés.

À tout bientôt,

 

Isabelle

 

Vous souhaitez (re)lire les premiers articles de cet ensemble? C’est ici!

Écotourisme : l’attrait de la forêt: [8 de 12]
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4 thoughts on “Écotourisme : l’attrait de la forêt: [8 de 12]

  • 2021-07-13 à 03:08
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    Merci pour cet article très complet. J’ai découvert réellement toute la beauté de la forêt en vivant entre l’Auvergne et le parc du Forez, c’est quelque chose qui me manque aujourd’hui !

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    • 2021-07-13 à 06:47
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      Merci à toi, Louisiane, de partager à ton tour ton amour de la forêt. La Scandinavie n’est-elle pas très boisée aussi?

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  • 2021-07-13 à 08:08
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    La forêt est pour moi un lieu magique où je me ressource et rentre en méditation contemplative … et vous avez beaucoup de chance au Canada avec vos étendue de forêts qui font rêver les “sylvologues” européens … un jour peut-être j’irai embrasser quelques érables de chez vous 😉

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